Le problème quand vous faites des critiques, et que vous le faites honnêtement, c'est qu'au bout d'un certain temps les gens pensent que vous êtes quelqu'un de méchant. Dans mon cas ce n'est pas forcément faux, mais quand même...La fantasy est un genre littéraire à la mode depuis maintenant quelques années. De ce fait les éditeurs nous abreuvent de titres se plagiant tous autant qu'ils sont. Bien difficile pour le lecteur de trouver des romans originaux, surtout quand le libraire ne connait pas ce qu'il vend. Et je ne parle pas des achats sur Internet.
D'un autre côté combien il y a-t-il de lecteurs qui cherchent vraiment l'originalité ? Mon rêve serait qu'un jour quelqu'un entre dans le magasin et me dise "Conseillez moi un roman qui va m'étonner, qui va me faire découvrir quelque chose de nouveau". Cela m'arrive parfois et quand cette même personne revient plus tard pour me dire qu'elle a trouvé le livre super, je me dis que je fais un boulot formidable. Malheureusement la grande majorité des lecteurs sont frileux, ont peur de sortir des sentiers battus, préfèrent lire des "livres qui ressemblent à du Hobb ou du Tolkien".
Acacia me donne justement l'occasion d'être gentil, de dire du bien d'un auteur, David Anthony Durham, et d'un éditeur, Le Pré aux Clercs. Grâce à Acacia je me dis que le monde n'est pas si pourri que ça, qu'il y a un espoir pour les œuvres originales.
Mais je m'emporte...
Il y a un mois j'ai reçu un Service de Presse de la part du Pré aux Clercs, me demandant de leur donner mon avis sur un livre qu'ils pensaient être l'évènement de cette fin d'année. Ma première réaction a été d'être flatté (hé oui je ne suis qu'un homme). Ensuite la curiosité l'a emporté ; il faut dire que ces dernières années Le Pré aux Clercs ne brillait pas par la qualité des romans qu'ils éditaient. Je crois qu'on peut même dire qu'ils accumulaient les fours.
Alors que la même dynastie régne depuis 22 générations sur l'empire d'Acacia, une armée se prépare à déferler sur le Monde Connu. Alors que le pouvoir en place va être renversé par les barbares venus du Nord, les quatre enfants de la famille royale, deux garçons et deux filles, vont réussir à s'échapper et se cacher chacun dans une province reculée.
Ces enfants vont chacun vivre des expériences différentes et construire chacun à leur manière leur vie d'adulte pour se retrouver dix ans plus tard afin de lever une armée et reprendre le pouvoir.
Disons le clairement, Acacia, la guerre du Mein est à ranger aux côtés du Trône de Fer de G.R.R. Martin, de par sa qualité et la richesse de son univers. Dans Acacia vous ne verrez pas de preux chevalier blanc. Il n'y a que des hommes et des femmes avec leurs qualités et leurs faiblesses. Les héros invincibles n'ont leur place que dans les légendes. Ici les personnages vivent avec la mort à tout instant. Ne vous attachez surtout pas à un personnage, vous risqueriez de pleurer quand viendra le temps pour lui de tomber.
Loin du manicheisme de Tolkien, la notion de bien et de mal dépend toujours de quel côté on se place : le barbare qui assiège la ville est également le héros qui libère son peuple asservi.
J'ai adoré lire Acacia. J'ai adoré cette sensation de se dire que rien n'est acquis. Acacia, la guerre du Mein sortira le 16 octobre. Je suis intimement persuadé qu'il sera effectivement l'évènement fantasy de cette fin d'année.
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