Cela fait maintenant huit mois que je navigue entre chirurgiens, kinés, ostéopathes et médecins du sport. Huit mois que j'ai l'impression que tout le monde se contrefout de mes problèmes. Huit mois que l'on me dit "Ha ben votre tendon a pété, vous avez perdu 20% de votre force de levage sur le bras droit" "Et on fait quoi ?" "Ha ben rien c'est pas grave vous n'êtes pas déménageur hein ?" ou alors "Ha ben votre biceps gauche risque fort de lâcher aussi" "Et on fait quoi ?" "On attend qu'il claque complètement, avec un peu de chance ça fera comme pour le bras droit". Et avec tout ça je ne sais toujours pas pourquoi mes tendons se mettent tous à claquer les uns après les autres. Mon kiné m'a lancé il y a deux semaines que mon talon d'Achille gauche était en mauvais état et que le droit avait souffert. Génial...
Le problème c'est que ces spécialistes de la médecine n'ont aucune approche psychologique des problèmes du patient. Un chirurgien m'a même expliqué le mois dernier que lui-même s'était fait un tennis elbow alors bon... j'allais pas en plus me plaindre. Le seul qui m'ait vraiment compris c'est l'échographe. Peut-être parce que c'est l'échographe de l'ASM et que des cas de sportifs en détresse bien plus graves que moi il en voit toutes les semaines.
J'aimerais qu'on enseigne à la fac de médecine comment accompagner psychologiquement le patient. J'aimerais que ces gens là sachent ce que c'est que de passer de 12 à 15 heures d'entrainement par semaine à rien. Ce que c'est que de se rendre compte tout à coup que l'on n'a rien à faire durant le week-end ou le soir en rentrant chez soi. Sans parler de cette tension que l'on ressent dans tout le corps et que l'on ne peut pas évacuer. Alors on devient agressif et on le regrette. Et petit à petit il y a les vieilles douleurs qui réapparaissent par faute d'activité. Et puis les copains manquent. A force de se foutre sur la gueule trois fois par semaine c'est presque devenu une famille. Mais on n'ose pas aller les voir parce que ce serait trop dur de rester sur la touche pendant qu'ils bossent.
Alors la déprime s'installe. Alors on mange des conneries pour s'occuper, sauf qu'on n'évacue plus comme avant. Alors les kilos arrivent : 1, 2, 3, 4, 5 avant de se rendre compte qu'il faut réagir. Et on se rappelle tout le mal que l'on a eu à affuter son corps pour le rendre performant, toutes les douleurs et toutes les brimades des entraineurs qu'on a du endurer pour y arriver, toutes les fois où j'ai voulu m'encastrer dans un mur en rentrant d'un entrainement parce que je me trouvais trop nul.
Et vous arrivez dans un petit bureau avec un gars super intelligent en blouse blanche qui vous dit "Ha ? Je vous avais dit en novembre ? Ha ben non vous ne pourrez reprendre l'entrainement qu'en janvier finalement. Ne faites pas cette tête : vous n'êtes que libraire, ce n'est pas comme si vous étiez marathonien." Finalement je ne pourrais reprendre qu'en mars, si tout se passe bien. En mars avec au mieux un bras à 80% de sa force et sans savoir pourquoi j'ai tous ces problèmes. C'est long mars.
Dans cette situation, les partenaires d'entrainement ne peuvent rien faire, même s'ils t'aiment bien. Et ne venir à la salle que pour discuter, ce n'est pas toujours bon pour le moral. A moins d'entrainer.
Concernant les toubibs... les seuls qui font preuve d'empathie, ce sont des sportifs. Parce qu'ils savent ce que ça signifie pour toi. Les autres n'ont que le point de vue médical.
Généralement, en cas de blessure, ma bouée sportive est la natation. Pas traumatique et tu peux travailler le haut ou le bas suivant la blessure.
Raaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhhhhh putain, alors là il fallait pas!
Déjà que le premier commentaire que j'ai mis sur ce blog , on me prend pour une gonzesse et voilà que maintenant on insulte ma profession.
Et oui monsieur, manque de bol il y a parmi vos plus fidèles client un étudiant en 5 ème année de médecine, qui se délecte tous les jours à aller voir si il n'y a pas un nouvel article sur ce blog et voilà qu' indirectement j'en prends plein la gueule.
Alors oui, c'est moche d'avoir des tendons abimés, mais cela dit quand on est libraire et quadra on ne peux pas non plus se permettre de faire des sports de combats comme quand on avait 20 ans. On se contente de faire un bon footing tous les soirs ou les week-end ,ça défoule peut-être pas de la même façon mais ça permet quand même de se détendre et de perdre du poids.
Il est appris en fac de médecine, non seulement la prise en charge psychologique des patients mais aussi leurs prise en charge post-traitement:
fracture du col du fémur, du poignet : 6 mois d'immobilisation
rupture de tendons: 1 an d'arrêt de tout sport !!!!!!!
Si c'est écris dans les bouquins c'est pas pour rien: il vaut peut être mieux arrêter un sport pendant un an voir même complêtement que de perdre la fonction de son membre.
J'aimerai bien que les gens comprennent que les médecins ne sont ni des mages ni des magiciens.
Nous passons quand même 10 ans de notre vie à étudier toutes les pathologies du corps humains, à passer des nuits blanches en gardes, à passer nos week-end et nos vacances à étudier, à passer deux concours où on est même pas sûr d'avoir la spécialité ni la ville que l'on veut.....
Si je viens uniquement dans votre librairie c'est pas pour rien: j'y trouve (de bon) conseils et dialogues. Je respecte votre métier, alors respectez le mien: si le chir a dit d'arrêter le sport, c'est on arrête le sport point. Profitez en pour lire d'autres romans, ou pour trouver un autre sport.(la pétanque par exemple !)
Voilà c'était mon coup de gueule du dimanche soir.....
Faut dire que j'ai quand même passé mon week-end la tête dans les bouquins....
je vais me remettre à la voie des ombres ça va me détendre.....(pas mal comme lire, cela dit en passant.....)
Cher Alic,
Si j'avais voulu dénigrer votre profession j'aurais parler du premier échographe qui n'a pas vu la rupture, j'aurais parler du premier chirurgien qui m'a expliqué sans regarder que j'avais une déchirure, et enfin je vous aurais parlé du premier kiné qui m'a fait 20 séances de massage du biceps sans s'apercevoir de rien.
Je ne l'ai pas fait parce qu'à côté je suis tombé sur des types vraiment très bien et je n'ai pas souhaité faire de généralité. Je pense donc que vous me faites un mauvais procès.
Ce que je critique c'est le manque d'empathie dont font preuve les praticiens. Qu'on me dise que je doive arrêter pendant un an je peux le comprendre (même si on m'a expliqué que j'allais reprendre dans deux mois) mais qu'on évite de me le dire en rigolant et qu'on comprenne le désarroi que cela peut engendrer.
Voilà, c'est pas la peine de s'énerver.
Dites Alic,
Puisque vous venez régulièrement chez moi et donc qu'a priori on doit se connaître, je vous propose d'en discuter de vive voix à la librairie plutôt que sur ce blog. Je vous expliquerai en détail les raisons de mon coup de gueule et vous m'exposerez votre point de vue.
Ce sera plus constructif et certainement plus instructif que de faire ça ici.
Bonjour,
Pour Alic: Pas beaucoup de tact dans ce post, cela ne fait malheureusement selon moi que confirmer le ressenti de Big Luna...
Je ne souhaite incriminer personne, nous ne sommes pas la pour ca, mais je partage le ressenti de notre libraire... J'ai pu observer les deux cotés de la barrière (au niveau personnel, et au niveau soignant), et il est vrai que la plupart du temps les medecins n'ont aucun tact et ne cherchent pas à en avoir. Ils sont certes, pour la plupart de grands praticiens, mais vraiment à chier pour ce qui est de l'empathie. Ils delaissent souvent ca aux infirmières, qui n'ont souvent pas vraiment de temps non plus mais qui le prennent quand même.
Effectivement, les médecins ne sont pas des magiciens, cela se saurait, mais certains devraient peut etre s'en convaincre eux même...
Le côté humain du métier existe en théorie, mais en pratique, c'est loin d'être la panacée. Et cela fait souvent cruellement défaut.
Le problème est la, et beaucoup de gens ont le meme ressenti, donc plutot que de palabrer sur une absence ou non de problème, quelques remises en question s'imposeraient peut etre...
Je ne pense pas être parfaitement objective sur ce sujet, mais j'en ai deja eu un plus ou moins large apercu, et je pense que c'est un sujet important, tous ne s'apprend malheureusement pas dans les livres...;)
En espérant que ce problème de tendons se règle au plus vite, et vous permette de reprendre l'activité physique qui vous plait.
Vive la Boxe... :p
Aïe, désolé pour Big Luna.
Je confirme que, pour certains médecins, nous sommes surtout un ensemble de pièces à changer ou réparer... plus qu'une personne.
Au bout de tant d'années d'études, on peut le comprendre... en le déplorant. Il faut reconnaitre que c'est difficile d'allier un bon niveau technique etd'empathie à la fois.
Aussi rare que les bon techniques Et pédagogues...
Je connais quelques très bon praticiens, efficaces, qui comprennent physique, biologie et psychologie à la fois. C'est rare... bravo à eux. On pourra en discuter.
Bon courage.
Merci Manu j'ai réussi à avoir un rdv assez rapidement avec la personne que tu m'as indiquée.
On verra bien...